En quête de la chapelle Champlain Partie 1 : Une sépulture disparue

Carte historique avec loupe, illustrant les recherches sur l’emplacement de la chapelle Champlain

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Depuis près de quatre siècles, la localisation précise de la dernière sépulture connue dans laquelle Samuel de Champlain a été inhumé, demeure l’une des plus grandes énigmes de l’histoire de Québec.

Disparue du paysage urbain, la chapelle ayant contenu ses restes a pourtant laissé des traces dans certains documents d’archives, et peut-être même dans le sous-sol du Vieux-Québec comme nous le verrons plus loin.

Cette série d’articles propose au lecteur de suivre le cheminement d’une enquête historique menée à travers les archives, les plans anciens et les indices laissés dans la trame urbaine de Québec.

Mais tout d’abord, qu’est-ce exactement que la chapelle Champlain?

La chapelle Champlain est une chapelle aujourd’hui disparue, qui a accueilli les restes du fondateur de Québec à partir de 1640-41 jusqu’à son démantèlement survenu entre 1661 et 1673 — ou jusqu’à 1682 pour certains. Mais avant d’aller plus loin, faisons un bref survol du contexte historique qui l’entoure.

L’histoire commence en 1629 quand Québec et toute la Nouvelle-France sont perdues aux mains des frères Kirke. Les cinq frères étaient des corsaires originaires de la ville de Dieppe et travaillaient pour le compte du roi d’Angleterre, Charles Ier.

Le roi Charles Ier d’Angleterre. Fichier source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Charles_I_(1630s).jpg

Bien sûr, les frères Kirke n’étaient pas venus seuls pour prendre Québec. Ils étaient alors accompagnés de plusieurs dizaines d’hommes — voire jusqu’à 200 selon François-Xavier Garneau —, répartis sur trois navires.

Québec ne sera rendu à la France que trois ans plus tard, en 1632, après la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye.

Samuel de Champlain, revenu à Québec l’année suivante, fera construire l’église Notre-Dame-de-Recouvrance pour réaliser son vœu de faire bâtir une église à Québec si le Canada était rendu à la France. Ce qui avait été le cas.

Champlain mourra deux ans plus tard, le 25 décembre 1635, des suites d’une attaque de paralysie survenue deux mois plus tôt, et sera inhumé aux premiers jours de 1636.

Il est important de préciser qu’on ne sait pas où exactement, à l’époque de son décès, Champlain a été enterré, à savoir si c’était sous les voûtes de Notre-Dame-de-Recouvrance ou dans une petite chapelle attenante. Ce qu’on sait en revanche, c’est que Charles Huault de Montmagny, le gouverneur qui succédera à Champlain, fera agrandir l’église dans le courant de la même année — réaménageant peut-être ainsi l’emplacement de la chapelle.

On entendra à nouveau parler de la chapelle en 1640 lors d’un funeste événement : l’incendie du 14 juin. Voici ce qu’en disait le père Barthélémy Vimont dans le chapitre XIII des Relations des jésuites pour cette année-là :

« Le feu se mit en notre maison de Québec, qu’il a réduite en poudre, et la chapelle de Monsieur le gouverneur, et l’église publique. Tout a été consommé. Cela se fit si soudainement, qu’en moins de deux ou trois heures, on ne vit de tous ces bâtiments et de la plupart de tous nos meubles, qu’un peu de cendres et quelques pans de murailles qui sont restés pour publier cette désolation. »

Il ne subsistera donc de cette dévastation que quelques pans de murailles. S’agissait-il de restes de murs montés sur des fondations en maçonnerie? On peut le supposer.

Dans l’année qui suit cet incendie, lequel a détruit la maison des jésuites, l’église paroissiale et la chapelle où était inhumé « Monsieur le Gouverneur », comme l’appelaient les jésuites, seule la chapelle est reconstruite et c’est seulement à partir de ce moment qu’elle sera connue sous le nom de « chapelle Champlain ».

Après sa reconstruction, la chapelle Champlain ne sera évoquée qu’à quatre reprises dans les écrits de l’époque — ce qui compliquera beaucoup la tâche des chercheurs voulant la retrouver. C’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui, près de 400 ans plus tard.

La première fois, elle sera évoquée le 21 mai 1641, lors de l’enterrement dans cette même chapelle de François Derré de Gand qui était le commis général de la compagnie des Cent-Associés.

La deuxième fois, ce sera le 22 octobre 1642, lors de l’enterrement du père Charles Raymbault — lui aussi auprès de Champlain.

La troisième fois elle sera évoquée le 10 février 1649, dans le document dans lequel le gouverneur de la Nouvelle-France Louis d’Ailleboust se réserve un terrain qu’on dit situé « contre la chapelle ».

Retenons bien cette dernière indication « contre la chapelle », car ces mots ont toute leur importance.

Et quatrième et dernière fois le 15 juillet 1661, dans l’acte de concession à Mathieu Huboust, d’un terrain dont l’un des côtés fait face à la chapelle.

Dans les années qui suivront, la chapelle sera sans doute démantelée ou détruite et tombera dans l’oubli durant deux siècles.

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